Jell-O Pudding redonne le smile à twitter

« Twitter est le sismographe de l’humanité ». C’est le surnom que Brian Solis donnait au réseau d’information il y a déjà deux ans. Un surnom qui prend tout son sens lorsque l’on sait que 180 millions de tweets sont publiés quotidiennement, et que plus de 70% des utilisateurs utilisent la plateforme pour parler de leur vie personnelle [OMG!]. De fait, Twitter est communément observé comme le reflet de notre quotidien, de nos actions, et surtout de nos humeurs en tant que société. C’est sur la base de cette observation que Jell-o Pudding, une marque du groupe américain Kraft, a fondé son dernier effort de branding.

Le pudding, ça redonne le sourire non ? Apparemment, les facultés réjouissantes du Jell-o Pudding seraient particulièrement développées. C’est en tout cas ce que la marque de Kraft tente actuellement de prouver, à l’échelle américaine, avec son « Jell-o pudding face mood meter », un site qui agrège et analyse tous les tweets contenant un smiley. Il les répartit ensuite en deux catégories - les « smiley tweets » et les « frowny tweets » – pour en déduire en temps réel l’évolution de l’humeur américaine. Celle-ci est intelligemment représentée par un visage, dont l’expression faciale change en fonction du ratio « smiley / frowny ». Si le visage est heureux, tout va bien. En revanche, « si la mauvaise humeur s’installe, Jell-o offre du pudding pour arranger tout ça ». Et c’est là que la performance devient intéressante.

En effet, lorsque le « mood meter » atteint un seuil critique, la marque prend instantanément contact avec les derniers auteurs de « frowny tweets » via le compte twitter de l’opération. Elle se montre empathique et propose à l’utilisateur concerné, de la manière la plus personnelle possible, un lien vers un Jell-o pudding gratuit. Après avoir vérifié son identité via twitter connect, ce même utilisateur se voit attribuer un coupon échangeable en magasin. A la suite de quoi la marque lui suggère, plutôt subtilement, de redonner le sourire à twitter en publiant sa bonne humeur, sous la forme d’un smiley « :D » accompagné du hashtag #puddingface. Avec un peu de chance, il choisira également d’inclure dans son tweet un lien vers l’opération. Et le processus se répète inlassablement, tant que le « mood meter » n’a pas retrouvé le sourire.

Certes, seuls 8% des internautes américains utilisent twitter. Mais cela est déjà bien assez, lorsqu’il s’agit d’écouter attentivement les utilisateurs en détresse, de le leur montrer en les engageant individuellement, et surtout de faire en sorte qu’ils s’approprient le combat mené par la marque. Le succès de cette troisième étape – la plus complexe – est ici porté par plusieurs prouesses stratégiques.

-      D’une part, Jell-o choisit un combat noble et universel : celui de la mauvaise humeur collective.

-      D’autre part, quoi de mieux que la générosité – arme fédératrice – pour mener ce combat efficacement tout en s’attirant des partisans ?

-      Enfin, n’oublions pas de montrer aux gagnants que l’action qui leur est demandée en retour – un simple tweet - a un impact. Un impact qui est alors relié au produit par l’intermédiaire d’un hashtag que je trouve plutôt magistral, car il peut être facilement sorti de son contexte. Et ça ne rate pas : les participants en viennent même à l’intégrer spontanément dans leur lexique twitter personnel, jusqu’à le répandre progressivement sur la toile. La preuve que le plus infime détail opérationnel peut parfois sérieusement influer sur le succès d’une campagne.

Il est encore un peu tôt, en revanche, pour parler de « succès », car aucun résultat tangible n’a pour le moment été communiqué. Il faudra donc se contenter des quelques 3000 « like » recueillis par le site officiel. On notera également que le compte twitter de l’opération est passé de 150 followers il y a 2 semaines, à près de 1200 aujourd’hui. Un score qui peut, certes, paraître faible si l’on suit une logique mass media, mais qui devient soudain intéressant si chacun de ces followers a maintenant dans les mains un pudding transformé en « conversation-starter » chargé de bonne humeur.

#puddingface ?

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